ConseilMunicipalIntervention pour le groupe Front de Gauche, Communiste, Citoyen et Ecologiste sur le débat d'orientation budgétaire.

Monsieur SEYLER – Philippe (Waldteufel), tu aurais dû en profiter pour fournir des mouchoirs à tout le monde, parce que franchement entre les orages, le temps et tout le reste, tu nous as présenté un parcours très pessimiste.

De nombreux éléments de contexte international et national font partie de ton exposé. Ces éléments méritent un débat, mais ils sont à Clamart assez stratosphériques par rapport au DOB. Je suis plutôt défavorable à la présentation initiale, car il s’agit de rester dans le fil commun. Je pense qu’il faut stopper cette logique infernale qui vise à rythmer nos choix économiques en fonction de la notation
triple A dont on entend tous les jours les commentaires.

Sur cette notion de triple A, je crois vraiment que l’on nous prend pour des triples C et je pense qu’il faudrait arrêter ce discours.

Dans notre action militante nous rejetons cette logique que l’on veut nous imposer à coût de triple A sur la tête. Nous menons des actions pour l’augmentation des salaires, ce qui devrait être la solution principale pour sortir de la crise.

La Bourse évolue en fonction des propos des agences de notation. Quand elles se taisent, elles montent, quand elles communiquent, elles descendent.

C’est une manière de voir la situation bien particulière, surtout qu’elle pèse concrètement sur la vie quotidienne de toute la population.

Pourtant la situation n’est pas nouvelle et n’a pas changé. La dette a toujours existé, sauf qu’elle a augmenté régulièrement. Jusqu’à maintenant, aucune agence de notation n’intervenait. Au moment de l’affaire Lehman Brothers, les agences de notation étaient « aux pâquerettes ». Aujourd’hui, nous n’entendons plus parler que de ce sujet, de la dette. Mais qui a créé de toutes pièces cette dette ? Les politiques qui n’ont fait que répondre aux exigences des multinationales capitalistes qui misent tout sur les marchés financiers et rien sur l’humain.

Nous ne mesurons pas les problèmes au regard de ceux qui meurent de faim et des chômeurs, mais seulement au regard des bénéfices des entreprises et des dividendes reversés aux actionnaires.

Partout, le système capitaliste domine, et partout nous trouvons des déficits financiers importants.
Financiers et humains également.

En page 6, tu dis : « La crise, quelle crise, celle d’un système ? Crise du crédit ou crise de la dette ? »

Je crois qu’il s’agit surtout de la crise des choix faits pendant des années basés sur cette logique de financiarisation à outrance et qui ne prend pas en compte le vécu des personnes.

La majorité des Français est victime de ces choix, et notamment ceux réalisés par le gouvernement actuel et l’UMP de cadeaux fiscaux faits pour les plus gros et la taxation plus forte pour les masses populaires. Il s’agit d’un choix réel que nous vivons depuis longtemps.

Tu dis ensuite : « Le système bancaire confisque le pouvoir et la démocratie ».

Je prends ton propos dans un autre sens, je dis qu’une certaine démocratie capitule face au système bancaire et qu’il est temps que la démocratie et les personnes reprennent le pouvoir pour remettre la situation en bon ordre de marche.

Tu as également évoqué le système de péréquation. J’aimerais que l’on réalise un bilan sur ce système. En effet, où en est-on de la péréquation ? On dit que les riches payent pour les pauvres, mais nous devons déjà définir qui est riche et qui est pauvre. Par exemple, le service public vise à établir une certaine péréquation pour que les régions les plus pauvres disposent des mêmes services
et que sur tout le territoire il soit possible de disposer de services de qualité.

Mais le service public a été affaibli et la péréquation également. Si nous abordons la question de la redistribution vers les régions, nous pouvons faire le même constat. Je vois des régions en totale déshérence et que l’État abandonne. Je ne m’en prends pas à toi, Philippe, mais comme tu as lancé le débat, je m’en saisis. Des régions comme le nord, où je me rends souvent, ont été laissées
complètement à l’abandon.

Je vais vous citer un exemple : la modification des horaires de la SNCF. Cela va faire plaisir à Gérard.
Tout ce qui a été fait avec la SNCF a consisté à permettre à des entreprises privées de gagner davantage d’argent au détriment de certains voyageurs situés dans des petites contrées avec des TER qui vont disparaitre ou mettront deux heures de plus sur les mêmes trajets, pénalisant ainsi les personnes qui l’utilisent pour aller travailler. J’aimerais donc qu’un bilan soit réalisé au niveau national sur la question de la péréquation. Je pense que nous aurions des surprises et que nous constaterions qu’elle n’est plus au niveau auquel elle se situait quelques années auparavant.

Étant employé à France Telecom, je suis bien placé pour connaître ces problèmes.


Je pense que les vraies solutions passent davantage par la relance de la consommation, par l’augmentation des salaires et des investissements que par la rigueur imposée à la plus grosse partie de la population, pendant que l’on ne touche pas aux privilégiés, les vrais, c'est-à-dire ceux qui manipulent des sommes très importantes. Ce ne sont pas les 200 euros d’allocations familiales qui sont en cause, mais un autre schéma.

L’argent existe, mais il faut oser le prendre. Je dispose de quelques chiffres :

-172 milliards d’euros d’exonérations fiscales et sociales et de différentes aides aux entreprises
en 2010 ;
-11,4 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches depuis 2007 ;
-210 milliards d’euros de dividendes versés en 2010 par les entreprises non financières ;
-36 milliards d’euros de dividendes versés en 2009 et 40 milliards en 2010 aux actionnaires du CAC 40.

Vous vous rappelez que l’année 2009 commence après la faillite de Lehman Brothers et nous nous apercevons que les dividendes n’ont pas diminué, mais augmenté.

Voilà la société que l’on est en train de nous construire !

Toutes les politiques qui se sont succédé depuis plusieurs années n’ont visé qu’un objectif. Parfois avec des hauts et avec des bas, mais sur le long terme l’objectif est toujours de réduire les coûts du travail et d’augmenter les profits.

Les propos de la droite locale ne diffèrent pas en ce sens.
Et oui, je cible la droite nationale, mais également notre droite locale. Justement, M. BERGER, ce que vous venez de dire, les services sont plus importants en termes de personnel, alors que le désengagement de l’État est plus fort. En même temps, nous avons une augmentation de la population qui implique que les services soient plus importants dans un contexte où l’aide de l’État
est plutôt en diminution. Pendant ce temps, les salaires sont figés.
Je ne me souviens pas à quelle date j’ai pu percevoir mon augmentation de salaire en tant que fonctionnaire. Je pense que cela remonte à trois années, ou deux années et demie.

Je suis un peu critique par rapport à cette présentation, car elle pose beaucoup la question du contexte extérieur, c'est-à-dire de la dette et de la crise. J’ai noté que le contexte extérieur occupe 17 pages du rapport sur 29, ce qui s’apparente presque à un plaidoyer.

Ces pages sont très intéressantes, mais je préférerai que nous consacrions un conseil municipal à débattre de cette question. Cela pourrait être intéressant de débattre à partir des éléments fournis par Philippe, et d’autres éléments fournis par d’autres.

Cependant, ici, nous parlons du DOB, et je retiens les choix négatifs faits par nos gouvernements, le choix négatif de la rigueur, le désengagement de l’État qui pèse sur les collectivités.

Nous avons une augmentation de la population sur Clamart et conjointement une baisse de la dotation d’État.

La présentation du DOB et souvent du budget primitif se fait dans un contexte toujours aussi nuageux, pour une réalité souvent bien différente en fin de parcours lorsque l’on présente le compte administratif.

J’aurais tendance à me dire : « Après la pluie vient le beau temps ».

Le compte administratif 2011 devrait déjà être réconfortant par rapport à la situation actuelle.

Nous avons, dans tout ce contexte, une CAF à 10 millions, une capacité de désendettement à trois ans. Ces indicateurs restent très positifs pour la conduite de la ville.

Nous pouvons saluer le travail effectué par les élus et le personnel qui dans ce contexte poursuivent avec réussite la mise en place du programme pour lequel nous avons été élus. Je pense qu’aujourd’hui nous avons déjà dépassé 50 % des objectifs à atteindre et qu’en fin de mandat, en 2014, nous serons encore à plus de 80 %, ce qui est assez rare, car souvent les campagnes électorales promettent beaucoup et sèment le doute sur la capacité de les tenir.

En 2008, lorsque nous avons été réélus, nous avons tenu à plus de 80 % nos objectifs, et cela sera encore le cas en 2014 avec les réalisations comme :

-l’école du Jardin parisien ;
-la crèche Normandie ;
-le début des travaux de la piscine ;
-le nouvel aménagement du service emploi avec notamment l’espace insertion ;
-la restructuration de l’hôtel de ville.

Je ne vais pas citer tous les projets, mais j’ajoute toutes les actions visant les économies d’énergie, celles concernant l’insertion et l’emploi avec notamment l’arrivée d’une nouvelle entreprise à Clamart.
Cette arrivée est à noter, car certains disent que les entreprises partent. De nombreuses entreprises reviennent à Clamart, je pense à Optique 2000, Kraft, etc. D’autres sont en discussion sur d’autres secteurs et nous attendons la concrétisation.

Je pense également aux actions concernant le logement, notamment en direction des moins favorisés, avec le logement social. Dans ce domaine, plus rien n’était réalisé dans la ville, et depuis que nous sommes arrivés en 2001, du logement social est créé par touches régulières, car nous avions un objectif de création de 125 logements sociaux et 250 logements au total, par an.

Bien sûr, nous réalisons tous ces projets avec l’objectif de ne pas augmenter les taux d’imposition. Peu de villes y arrivent.

Pour autant, Monsieur le Sénateur-maire, nous demandons qu’un véritable effort soit fait en direction du personnel sur les salaires, la promotion et la formation. Nous pensons également nécessaire de développer une véritable gestion des compétences. À Clamart le personnel est compétent et connait bien ces dossiers. Il est regrettable de les voir quitter la commune, souvent pour quelques euros
supplémentaires dans d’autres villes, alors que bien souvent Clamart a constitué une source d’évolution des connaissances et de la technicité de par la spécificité de la ville, notamment le nombre important de sa population, mais également de par nos actions, car nous sommes très actifs et nous savons utiliser tous les outils permettant de mener à bien nos projets, tant en ce qui concerne la
recherche des subventions, que la connaissance des éléments réglementaires. Cette connaissance, cette technicité représentent une formation pour le personnel. Il serait bien que nous continuions à profiter de ces compétences en faisant tout pour garder le personnel. Cela nous ferait plaisir. Je vous remercie.