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Article et photo (AFP) issus de l'Humanité du 15/07/2016

 

 

3 Emploi : le pin’s de Gattaz à la poubelle

Ce devait être la priorité des priorités, au point que François Hollande mise encore et toujours, il l’a répété hier, sur « l’inversion de la courbe du chômage ». Pourtant, alors que son premier mandat touche à sa fin, les Français ne ressentent pas de réel progrès sur le front de l’emploi. La « stagnation » du chômage enregistrée par l’Insee ces deux derniers mois suffit à l’Élysée pour considérer que « ça va mieux ». Tant pis si l’OFCE considère que « la baisse du chômage est un peu artificielle », car due à des aides publiques ponctuelles, ou si les chiffres fournis par le ministère du Travail prouvent le « traitement statistique du chômage ».

C’est que, dans le fond, le traitement du problème par François Hollande ne diffère pas de celui de Nicolas Sarkozy, ni d’ailleurs d’à peu près tous leurs prédécesseurs : tout repose sur la fameuse « baisse du coût du travail », et la « flexibilisation », autrement dit sur la baisse des salaires et le démantèlement du droit du travail. En 2013, François Hollande lançait son pacte de responsabilité « fondé sur un principe simple : moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en même temps, une contrepartie, plus d’embauches et plus de dialogue social ». Sauf que si les baisses de cotisations sont bien réelles, les contreparties hélas, ne le sont pas. Rien ne conditionnant l’octroi à des créations d’emplois, Pierre Gattaz n’a eu qu’à décrocher de sa veste son pin’s « 1 million d’emplois », ni vu ni connu.

Face à son échec, François Hollande a annoncé en janvier 2016 un « plan d’urgence pour l’emploi » à 2 milliards d’euros. Un milliard serait affecté à la formation de 500 000 chômeurs (pour quels emplois ?), mais surtout, après les 41 milliards du pacte de responsabilité, le CICE serait pérennisé « en baisse définitive des cotisations sociales ». Et la loi El Khomri se charge du volet flexibilisation en permettant par des accords d’entreprises d’en finir avec les 35 heures. Comme disaient les Shadoks, « Plus ça rate, plus on a de chance que ça marche. » En attendant, au dernier pointage, la France compte près de 3 millions de chômeurs…

A suivre ..